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1/ C’est quoi, un burn out ?

Dans son ouvrage « L’épuisement professionnel : la brûlure interne », paru en 1980, Freudenberger écrit : « En tant que psychanalyste et praticien, je me suis rendu compte que les gens sont parfois victimes d’incendie, tout comme les immeubles. Sous la tension produite par la vie dans notre monde complexe, leurs ressources internes en viennent à se consommer comme sous l’action des flammes, ne laissant qu’un vide immense à l’intérieur, même si l’enveloppe externe semble plus ou moins intacte. »

La thématique de l’épuisement professionnel sera ensuite étudiée de façon approfondie par Christina Maslach, chercheuse en psychologie sociale, dont les travaux permettront d’établir une première échelle de mesure du syndrome d’épuisement professionnel selon 22 items, le Maslach Burnout Inventory’s (MBI) : le test de Maslach.

Le burn-out est un syndrome résultant d’un stress chronique qui n’a pas été correctement géré́. Trois dimensions le caractérisent :

–  un sentiment de manque d’énergie ou d’épuisement ;

–  un retrait vis-à-vis du travail ou des sentiments de négativisme ou de cynisme liés au travail ;

–  une perte d’efficacité́.

2/ Quels sont les signes avant-coureurs d’un burn out ? 

Le travail et la vie quotidienne génèrent une charge mentale qui devient « souffrante » quand vous n’êtes plus capable de suivre physiquement/psychiquement et/ou qu’il y a un conflit de valeurs qui s’installe en vous ou entre les personnes concernées par ce travail de planification/organisation.

Il est grand temps de demander de l’aide pour prendre du recul et voir où est le problème, si, depuis plus de 3 semaines :

  • vous n’arrivez pas à déterminer quelle sphère professionnelle ou personnelle vous pèse le plus,
  • vous constatez chez vous une accélération de la pensée organisatrice. Ce sentiment d’accélération, qui peut prendre l’image de « je suis une machine à résoudre les problèmes et à organiser » ;
  • Si vous vous sentez fatiguée, y compris après une bonne nuit de sommeil, de façon récurrente ou continue ;
  • Si vous avez du mal à vous endormir, que vous vous sentez agitée au moment de vous coucher (vous vous relevez plusieurs fois pour noter des tâches à faire, pour mettre le goûter de vos enfants dans leur cartable, pour aller de nouveau aux toilettes, …) ;

Le seuil d’alerte est dépassé et vous devez consulter un médecin, si :

  • vous notez chez vous, et c’est le plus difficile à percevoir, une sorte d’anesthésie : vous faîtes votre travail ou les échanges avec votre famille en mode « automatique » sans en percevoir la saveur, l’intérêt ou même l’impact émotionnel négatif que cela devrait avoir (si vous êtes quelqu’un qui supporte mal les disputes, par exemple, et que cela ne vous affecte plus : vous avez le sentiment que votre cerveau ne « traite pas l’information ») ;
  • vous vous mettez à faire preuve de détachement, voire de cynisme, par rapport aux soucis de vos collègues, de votre conjoint, de vos proches… (Vous connaissez, l’ambiance : « on n’est pas payé chers, mais qu’est-ce qu’on se marre » à prononcer avec un sourire crispé ?)
  • vous vous sentez moins efficace, vous avez l’impression de perdre du temps avec des distractions dont vous mettez de plus en plus de temps à vous détacher (coup de fil qui interrompt le travail, pauses diverses, perte de temps dans des informations annexes par rapport à vos priorités, doom scrolling sur le smartphone…)
  • vous pleurez sans savoir à propos de quoi,
  • vous cumulez ce que vous reconnaissez chez vous comme des symptômes de stress (prise/perte de poids ou d’appétit, réactions cutanées en lien avec des évènements que vous reconnaissez comme stressant, malaise vagal, maux de ventre « comme avant l’oral du bac »,  maux de dos, migraines, dérèglement de vos cycles menstruels…)

3/ Burn out : quoi faire ?

a/ Avant un burn out

Avant d’atteindre le burn out, vous pouvez tout-à-fait prendre conscience que la façon dont vous vivez votre vie quotidienne (en dehors des vacances et arrêts maladie) n’est pas écologique.

Des constats tels que :

  • je passe mes week-ends à dormir pour récupérer de mes semaines, que ce soit à cause du travail, des enfants qui ont besoin de vous tard le soir/ tôt le matin, qui dorment mal, ou parce que vous avec d’autres activités qui limitent votre temps de repos ;
  • je commence mes vacances par une semaine de « récupération » (grasses matinées à gogo, siestes, temps de repos), ou je tombe régulièrement malade en début de vacances ;
  • quand j’arrive au travail, je rêve du moment où je vais pouvoir retourner me coucher ;
  • je m’endors ou je perds conscience pendant des réunions ;

vont vous mettre la puce à l’oreille.

Votre corps est dépassé et il n’arrive pas à gérer les efforts que vous lui demandez.

Vous pouvez, s’il s’agit d’un problème ponctuel (votre bébé ne fait pas ses nuits) trouver de l’aide adaptée, par exemple en négociant avec votre conjoint une répartition des nuits (et en vous couchant dans une chambre où vous ne l’entendrez pas pleurer).

Si le problème semble plus global : vous vous sentez débordée au travail, chez vous, l’impression d’être inefficace, … Prenez le temps de la réflexion.

Comme je vous le disais plus haut : la société attend beaucoup des femmes, et notre charge mentale répond à ces attentes sur les 3 pans de notre vie (vie professionnelle, vie personnelle, vie familiale).

Nous oublions que nous ne sommes pas obligées de tout mener de front, de tout faire « en même temps ». Nous pouvons revoir nos priorités tous les 3, 6, 12 mois en fonction de nos envies, notre rythme de réalisation des projets, des besoins des personnes qui dépendent de nous.

Si vous sentez que cette réflexion est difficile, que vous êtes tiraillée entre vos envies professionnelles et vos priorités familiales, faites-vous accompagner, même de façon brève, pour « arbitrer ».

Un coaching, une médiation des parts de soi, peuvent vous permettre d’y voir clair.

Si vous avez pris une décision et que c’est avec les personnes qui vous entourent que ça bloque : votre compagnon, votre patron, vos collègues, la médiation est une bonne option pour se faire entendre et comprendre ce à quoi l’autre vous répond non.

b/ Quand le burn out s’annonce

La première étape est de prendre conscience de son état ; et c’est bien souvent le plus difficile. Le burn out touche des personnes investies dans leurs occupations personnelles et professionnelles, motivées, résistantes aux aléas. C’est bien le sujet : la personne dont la charge mentale augmente au point de l’épuiser est habituée à faire « encore plus d’effort » en cas de problème.

Ecoutez ce que dit votre entourage : vos proches sont inquiets, trouvent qu’en ce moment, vous avez une sale gueule et une mauvaise humeur persistante : ça n’est pas pour vous plomber le moral… C’est un premier signe. D’autant plus si vous n’arrivez pas à accepter de ressentir cette fatigue dans votre corps (vous évitez les séances de yoga et de médiation que d’habitude vous adorez ?!).

Quand vous récapitulez les 3-6 derniers mois, vous vous rendez compte que vous avez passé votre temps à « lutter » : un projet difficile, un chef que vous n’arrivez pas à convaincre, des enfants qui vous sollicitent beaucoup …

Lâchez la culpabilité : et si cette phrase vous insupporte, lisez bien la suite.

Que diriez-vous à votre meilleure amie si elle vous racontait ce que, vous, vous êtes en train de dire, à savoir : « je suis fatiguée, je dors mal, tout m’ennuie, m’indiffère ou m’irrite, je fais tout en mode automatique, même les vacances ne m’ont pas reposées… » ?

Très certainement pas « hardi, petit !  Ça va passer, botte-toi le c… !».

Plutôt quelque chose comme : « tu as vu un médecin ? Si tu veux je te passe le numéro du mien, il m’a trop bien aidé… », non ?

Alors c’est le moment de prendre cette décision pour vous, d’autant plus si vous êtes en train de vous raconter « non, mais c’est rien, ça va passer, je vais le déranger pour rien » : appelez votre médecin ou votre médecin du travail et racontez-lui, tout.

Ensuite, vous prendrez le temps de construire les bases d’une vie quotidienne plus écologique pour vous, plus en rapport avec vos ressources et vos envies. (voir les articles : Comment la charge mentale impacte le couple, et pourquoi faire une thérapie de couple ?)